Attitude proactive

Quand on les rencontre dans les coulisses après un concours de bodybuilding, certains compétiteurs placés entre la seconde et la dernière place avancent des excuses toutes faites pour expliquer leurs résultats décevants. Cela va de la maladie à la blessure, en passant par l’incompétence des juges ou encore le physique « hors-normes » du vainqueur. Ces explications valent ce qu’elles valent.

A l’inverse, d’autres ne s’en prennent qu’à eux-mêmes (que cela soit mérité ou non) et inventent déjà de nouvelles stratégies afin de ne pas répéter les mêmes erreurs. Invariablement, ce sont ces derniers qui réalisent les plus gros progrès. Par contre, ceux qui cherchent toujours une excuse à leurs échecs ne sortent plus de cette spirale sans fin.

On peut donc être soir réactif soit proactif.

Une personne réactive va blâmer les circonstances extérieures et accuser les autres d’être responsables de ses échecs. Par conséquent, elle considère qu’elle n’avait absolument pas la possibilité d’agir autrement. Un individu proactif, au contraire, assume la responsabilité de tout ce qui lui arrive, et comme il a pris le contrôle de ses actes, il peut anticiper les difficultés, puis concevoir un plan et agir de manière à surmonter tous les aléas de la vie.

Deux exemples : Arnold Schwarzenegger et Bruce Lee.

Depuis l’enfance, Arnold Schwarzenegger avait décidé d’être un gagnant et il a agi en conséquence. Les rares fois où tout ne s’est pas déroulé comme il l’avait décidé, il n’en a attribué la responsabilité ni à ses adversaires ni à des impondérables. Au contraire : il a consacré tous ses efforts à éviter de connaître un nouvel échec cuisant. Dans le film Arnold le magnifique, on le voit s’amuser à prendre de haut les autres concurrents d’Olympia, estimant que ce ne sont pas eux qui vont décider de sa victoire future. Un tel comportement pourrait paraître arrogant à certaines personnes, alors qu’il ne fait que refléter son attitude proactive. En effet, puisqu’il ne peut exercer aucun contrôle sur le physique de ses adversaires, autant se concentrer entièrement sur lui-même, tout en pensant, bien entendu, que s’il fait le maximum pour être au top, la victoire lui appartient.

L’attitude proactive de Bruce Lee va encore plus loin et s’apparente à une philosophie : Repousser les limites.

Une philosophie

Bruce Lee a entrepris une quête : comment exprimer toute la potentialité de son corps. A travers ses recherches, il a découvert le fait physiologique qu’un muscle plus gros est un muscle plus fort. Cette découverte l’a conduit à explorer le domaine bénéfique du culturisme. Pour Bruce Lee, il est fondamental de repousser, toujours et toujours plus loin, les limites de ce que l’on peut faire, physiquement ou autre, car cela se révèlera bénéfique dans le travail et pour le moral ; en somme, pour l’être dans son intégralité.

Point central de sa philosophie : il n’y a pas de limites. Il y a des plateaux. Mais on ne doit pas y rester. On doit aller au-delà. Si cela vous tue, cela vous tue. Un homme doit constamment s’élever au-dessus de son niveau.
Cette attitude du « No limits »est la thèse centrale de sa philosophie du Jeet Kune Do. Bruce Lee avait inscrit ces idéogrammes chinois autour du symbole du Yin et du Yang pour son logo du Jeet Kune Do : « N’utiliser aucune voie en tant que voie, n’avoir aucune limite pour seule limite ».

Dans une lettre adressée à Jhoon Rhee, le pionnier du Taekwondo aux Etats-Unis, où il développe ses vues sur l’importance de repousser les limites que l’on se fixe à soi-même dans les entraînements comme dans tous les domaines de la vie, Bruce Lee écrit : «Une maigre ambition est le pire crime qu’un homme puisse commettre contre lui-même ».
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