L’évolution du culturisme

Les conséquences majeures de l’évolution du culturisme sont sans nul doute sa mondialisation médiatique et économique. Dans les années 1970, le culturisme  accède à une médiatisation internationale grâce à Arnold Schwarzenegger  et au film de 1977 Pumping Iron, documentaire sur l’entraînement de Schwarzenegger en salle de sport et ses exhibitions en championnats. L’IFBB domine désormais le culturisme reléguant l’AAU à des responsabilités secondaires.

Le NPC (National Physique Committee) est créé en 1981 par Jim Manion qui vient juste de quitter son poste de président du AAUPC (AAU Physique Committee. Le NPC s’affirme désormais comme une des plus importantes fédérations de culturisme des Etats-Unis. Elle représente la branche amateur de l’IFBB. La fin des années 1980 et le début des années 1990 marquent le déclin des compétitions  de culturisme sponsorisées par l’AAU. En 1999, l’AAU renonce définitivement à l’organisation de compétitions de culturisme.

Conséquence de l’extrême médiatisation du culturisme, on assiste à un usage croissant de produits dopants (stéroïdes anabolisants). Pour lutter contre le dopage, l’IFBB introduit des tests de dépistage destinés à déceler des traces de stéroïdes et d’autres produits dopants. Ces tests sont obligatoires pour quiconque désire devenir membre de l’IOC (International Olympic Committee). Toutefois, malgré l’instauration de ces tests, la majorité des culturistes professionnels continuent à utiliser des stéroïdes anabolisants pour les compétitions qui sont alors légaux aux Etats-Unis. Comme indiqué sur le site (ref. Organisation), le dopage est interdit dans le culturisme. Il faut attendre la Loi sur le Contrôle des Stéroïdes Anabolisants (Anabolic Steroid Control Act) votée par le Congrès des Etats-Unis en 1990 dans le cadre  du Programme III du CSA (Controlled Substance Act) pour que l’usage de produits dopants soit officiellement interdit aux Etats-Unis.

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Rebondissement ! Conséquences à la chaîne ! Le vote par le Congrès de la Loi sur le Contrôle des Stéroïdes Anabolisants peut être comparé à un coup de pied donné dans une fourmilière. En 1990, Vince McMahon, promoteur des sports de lutte, annonce la formation d’une nouvelle organisation de culturisme, la WBF (World Bodybuilding Federation). L’objectif que s’est fixé Vince McMahon est de faire des compétitions de culturisme un spectacle dans le style des rencontres de lutte sportive de la WWF (World Wrestling Federation) avec d’énormes sommes d’argent à la clef. Pour ce faire, il engage 13 compétiteurs (sous contrats très lucratifs !). Situation sans précédent dans le monde du culturisme. La plupart des athlètes qui rejoignent la WBF ont déserté l’IFBB. En conséquence, Ben Weider, président de l’IFBB bloque l’accès à la compétition pour les athlètes qui sont passés sous contrat avec la WBF.

Mondialisation

Autre conséquence, légalement plus dangereuse cette fois, l’IFBB cesse de soumettre ses athlètes aux tests de dépistage des stéroïdes anabolisants puisqu’ils ne peuvent plus rivaliser (au niveau de la masse musculaire) avec les culturistes de la WBF qui ne pratique aucun contrôle. Les réactions du gouvernement fédéral ne se font pas attendre. Cible des enquêteurs fédéraux, mis en examen pour trafic de produits dopants, Vince McMahon rétablit les contrôles anti-dopage pour ses athlètes. Cascade de conséquences négatives pour la WBF. Privés de produits dopants, les concurrents de la WBF font triste figure lors de la compétition  de culturisme WBF 1992. L’argent que devaient rapporter les reportages et les deux shows télévisés  centrés sur les compétitions de la WBF ne rentre pas. Vince McMahon se voit contraint de dissoudre la WBF en avril 1992. Mais cette rivalité entre la WBF et l’IFBB n’a pas eu que des conséquences fâcheuses. En fait, la création de la WBF a eu deux conséquences positives pour les athlètes de l’IFBB :

  1. Elle a obligé le fondateur de l’IFBB, Joe Weider, à régulariser (par contrats) la situation des vedettes qu’il faisait concourir.
  2. Elle a contraint l’IFBB à attribuer des prix (en argent) lors des compétitions homologuées.

Joe Weider a, enfin, été obligé de réintégrer les culturistes qui avaient été exclus de l’IFBB pour avoir choisi de tenter leur chance auprès de la WBF.

Autre conséquence, réellement sportive cette fois : Au début des années 2000, l’IFBB s’est employé à faire reconnaître le culturisme comme sport olympique. Ce domaine sportif est donc devenu membre de plein droit de l’IOC (International Olympic Center) en 2000. Le débat se poursuit, axé sur la question de savoir si l’entraînement du culturiste comporte ou non un « effort athlétique ». D’autre part, certains imaginent, à tort, que le culturisme implique nécessairement l’usage de stéroïdes anabolisants, produits interdits lors des compétitions olympiques. Enfin, les partisans d’une reconnaissance du culturisme comme sport olympique soutiennent que l’adoption de poses requiert une grande somme d’habileté et de préparation.
Ultime conséquence de l’évolution du culturisme :

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